Message de notre médecin-conseil en chef concernant les opioïdes

La Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (WSIB) prend très au sérieux la crise des opioïdes au Canada. Plus d’une décennie plus tôt, la WSIB était en avance sur son temps en reconnaissant le problème et en décidant de faire partie de la solution. À cette époque, nous avons mis en œuvre une stratégie en matière de stupéfiants axée sur la limitation des doses maximales d’opioïdes, l’augmentation des contacts entre la collectivité et les médecins de la WSIB et la promotion des discussions avec les fournisseurs de soins de santé. En fin de compte, la décision de prescrire ou non des opioïdes revient aux médecins traitants. La WSIB apporte sa contribution en limitant le paiement des opioïdes dans l’espoir que les médecins choisissent des options plus sûres pour le traitement de la douleur. 

La stratégie en matière de stupéfiants de la WSIB a eu des effets importants sur l’utilisation des opioïdes. En 2014, l’Institut de recherche sur le travail et la santé a publié une analyse intitulée WSIB Narcotics Strategy Reducing Harm and Spending (en anglais seulement) qui a fait état d’une diminution de 85 % de la consommation de stupéfiants d’action prolongée dans les 12 semaines suivant la lésion suite au lancement de la stratégie de 2009 à 2014. Une nouvelle réduction du nombre de demandes d’opioïdes à la WSIB s’est produite entre 2015 et 2018, cette fois de 25 %. D’autres recherches menées en 2017 ont démontré que la stratégie avait également un effet durable et suggéraient que les personnes étaient moins susceptibles de prendre un opioïde à action prolongée à n’importe quel moment de l’année suivant une lésion.  

À la WSIB, notre but est d’aider les gens à se rétablir et à retourner au travail de manière sécuritaire, rapide et viable. Veiller à l’utilisation appropriée des narcotiques est essentiel à la réalisation de cet objectif. Notre personnel clinique communique avec le fournisseur de soins de santé de la personne blessée ou malade dans les quatre premières semaines, et au plus tard après huit semaines, afin d’évaluer les besoins permanents en matière de gestion de la douleur et de comprendre comment la consommation d’opioïdes soutient les objectifs du traitement. Si des problèmes de gestion de la douleur ou de consommation d’opioïdes sont découverts, la WSIB tire parti de ses partenariats dans le cadre de quatre programmes spécialisés en santé mentale en Ontario (le Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), le Centre de santé St. Joseph’s à Hamilton, le Centre de santé Homewood et le Réseau universitaire de santé) pour fournir une expertise en matière de gestion de la douleur ou de traitement de la toxicomanie. 

Il est inexact de prétendre que les opioïdes sont utiles pour masquer la douleur et favoriser un retour au travail rapide. Les opioïdes provoquent des troubles de la cognition et de la coordination et constituent un obstacle au retour au travail. Les personnes blessées, leurs médecins traitants et leurs employeurs doivent comprendre que la réduction ou l’élimination des opioïdes réduit non seulement le risque de dépendance, mais favorise aussi un retour au travail rapide et sécuritaire. 

L’objectif d’un retour au travail rapide et sécuritaire est de favoriser le rétablissement. En effet, un retour au travail tardif a des effets néfastes sur la santé, et la littérature scientifique démontre que le fait de rester ou de retourner rapidement à une certaine forme de travail productif améliore les résultats cliniques. La WSIB travaille en collaboration avec la personne blessée et l’employeur afin de faciliter la reprise des activités et du travail en toute sécurité. Ainsi, nous faisons de notre mieux pour informer toutes les parties que l’utilisation des opioïdes n’est pas un moyen efficace ni souhaitable de faciliter le retour au travail. 

Le mandat de la WSIB est d’obtenir le meilleur résultat possible pour les personnes qui ont été blessées au travail, et son rôle est de les aider à reprendre les activités qui comptent le plus pour elles.

Dr Aaron Thompson
Médecin-conseil en chef, WSIB