Adaptation du travail

Parfois, un(e) employé(e) ne peut pas faire tout ce qu’il faisait avant sa lésion ou sa maladie. En apportant des variations temporaires ou permanentes à son travail, vous l’aidez à reprendre le travail et à assumer des fonctions et les heures qu’il peut gérer pendant son rétablissement.

Pourquoi adopter une approche d’adaptation du travail?

Les recherches indiquent que les employeurs qui ont une approche claire du retour au travail et de l’adaptation du travail obtiennent de meilleurs résultats lors de la réalisation d’un retour au tra-vail sécuritaire et approprié. Lorsque les entreprises communiquent tôt avec les personnes ayant une lésion ou une maladie et montrent qu’elles se soucient de ces personnes, ces dernières sont plus susceptibles de réussir leur retour au travail en toute sécurité. Plus une personne reste loin du travail, plus elle peut avoir de la difficulté à y retourner.

Le retour au travail est une étape importante du processus de guérison. Notre approche « Mieux au travail » nous aide à gérer les demandes en mettant l’accent sur le rétablissement. Le travail fournit une structure, impose une routine, favorise les contacts sociaux, procure une activité mentale ainsi que physique et engendre un sentiment de réussite. Tous ces éléments peuvent aider à la guérison.

Avantages de l’adaptation du travail

Les lésions et les maladies peuvent être difficiles à gérer et peuvent coûter cher si elles ne sont pas gérées correctement. Le fait de soutenir les employé(e)s en apportant des variations à leurs tâches, qui correspondent à leurs capacités, aide à réduire le nombre de jours d’absence et construit une culture du milieu de travail positive et favorable.

Aider les personnes blessées ou malades à retourner au travail tôt, en toute sécurité et d’une manière qui correspond à leurs besoins garantit également que vous respectez vos responsabili-tés juridiques en vertu des lois sur le lieu de travail.

Étapes de l’adaptation du travail

Travailler ensemble pour soutenir l’adaptation du travail aide à rendre le retour au travail fluide, réussi et sécuritaire. Le processus de retour au travail peut inclure l’employeur, la personne ayant une lésion ou une maladie reliée au travail, le superviseur ou la superviseuse, le représentant ou la représentante du service de santé du travail, le représentant ou la représentante des ressources humaines, le représentant ou la représentante syndical(e) ou le représentant ou la représentante de l’employé(e) (s’il y a lieu), ainsi que le comité mixte sur la santé et la sécurité au travail ou le délégué à la santé et à la sécurité.

Étape 1 : Prendre contact

  • Le superviseur ou la superviseuse immédiat(e) commence généralement le processus en communiquant avec son employé au cours de la première semaine si possible. Le moment dépendra de la situation de l’employé et de ses besoins médicaux. Pendant cette conversation, montrez que vous vous souciez de sa santé, de sa sécurité et de son bien-être.
  • Discutez de ce que votre employé peut faire en fonction des renseignements fournis par son médecin, son thérapeute, la WSIB ou le fournisseur d’assurance. Parlez de ses activités quotidiennes et de la façon dont sa lésion ou sa maladie l’affecte.
  • Organisez une rencontre avec toutes les personnes en cause pour vous concentrer sur la manière dont vous pouvez prendre des mesures d’adaptation pour votre employé(e) et éliminer les obstacles.
  • Faites en sorte qu’il ou elle puisse se rendre à la rencontre en toute sécurité et aidez-le ou aidez-la à prendre les dispositions de déplacement, si nécessaire. Veillez à ce que le lieu de la rencontre soit accessible à l’employé(e).
     

Étape 2 : Se réunir

  • Votre employé(e) et toutes les personnes en cause devraient comprendre à quoi s’attendre et ce qu’on attend d’eux.
  • Parlez de ce que votre employé(e) peut faire et comment ses activités quotidiennes ont changé, par exemple, il a besoin de plus de temps pour accomplir les tâches ou il doit prendre des pauses plus fréquentes.
  • Demandez à votre employé(e) d’indiquer les tâches qu’il estime être capable de faire ainsi que les tâches qu’il ne peut pas accomplir en raison de sa lésion ou de sa maladie.

Étape 3 : Observer ensemble toutes les tâches de l’emploi

  • Posez des questions à votre employé(e) concernant ses tâches. Faites en sorte que leur superviseur ou superviseuse soit également présent pour fournir des renseignements additionnels.
  • Demandez à l’employé(e) de démontrer comment il ou elle effectue les tâches, s’il est sécuritaire pour lui ou elle de le faire.
  • Analysez les parties des tâches qu’il ou elle est capable et incapable de faire et précisez clairement les capacités nécessaires pour chaque tâche. Simplifiez le processus dans la mesure du possible.
  • Lorsque vous examinez les défis, tenez compte de ce qui suit :
    • Force : Dans quelle mesure un effort est nécessaire, comme le soulèvement, la poussée et la préhension.
    • Posture : De quelle manière le corps se déplace ou maintient une position, comme l’extension au-dessus de la tête ou la flexion.
    • Fréquence : À quelle fréquence les tâches sont répétées et combien de temps elles durent.

Étape 4 : Faire un remue-méninges sur les solutions

  • Indiquez toutes les tâches qui sont trop difficiles pour la personne.
  • Demandez à toutes les personnes en cause de suggérer des manières d’aider. Trouvez autant d’idées que possible sans les juger. Concentrez-vous sur la résolution du problème ensemble.
  • Pensez à ces stratégies d’adaptation :
    • Changements physiques apportés au lieu de travail ou à l’équipement, comme de nouvelles dispositions ou de nouveaux appareils, qui aident la personne à effectuer son travail en toute sécurité.
    • Processus ou procédures, comme varier les horaires, réorganiser les tâches ou permettre des pauses.
    • Changements apportés à la façon de faire les tâches, comme l’utilisation de techniques de soulèvement sécuritaires ou un changement de posture.

Étape 5 : Évaluer les options

Analysez toutes les idées. Parfois, une combinaison de solutions convient mieux. Considérez :

  • L’adaptation est-elle temporaire ou permanente?
  • Est-ce qu’elle affecte la santé et la sécurité?
  • Est-ce compliqué, une aide extérieure ou une formation est-elle nécessaire?
  • Cela aidera-t-il votre employé(e) à retourner à son travail et recevoir ses gains précédents le plus possible?
  • Les ressources et les budgets sont-ils approuvés?
  • Quel est le coût et l’entreprise peut-elle le gérer?

Étape 6 : Parvenir à un accord

  • Travaillez ensemble pour parvenir à un accord sur la ou les meilleures solutions.
  • Engagez-vous en faveur d’une solution ou à l’essayer d’abord. Vous pouvez essayer l’équipement avant de décider.
  • Restez positif et veillez à écouter les opinions de tout le monde.
  • Tenez des rencontres de suivi pour examiner l’efficacité de l’adaptation et aborder toute préoccupation.
  • Si vous ne pouvez pas tous vous mettre d’accord sur une solution, envisagez de faire appel à un expert ou à une aide extérieure.

Étape 7 : Planifier le retour au travail

  • Élaborez un programme qui aide la personne à retourner au travail graduellement, en fonction de ses besoins.
  • Écrivez le programme de sorte que tout le monde sache à quoi s’attendre et ce qu’il doit faire.
  • Encouragez votre employé(e) à tenir un journal quotidien de ses activités et à signaler les défis ou les dangers.
  • Incluez au programme des examens réguliers pour aborder les préoccupations et effectuer des rajustements au besoin.
  • Le programme devrait comprendre des objectifs, des responsabilités, des dates, des adaptations convenues et des examens.
  • Le programme devrait également prendre en compte la santé et la sécurité des col-lègues. Il est important d’aider les collègues à comprendre comment ils peuvent soutenir la personne ayant la maladie ou ayant la lésion.

Étape 8 : Rester en contact

  • Continuez à communiquer et faites un suivi régulier pour effectuer rapidement tout rajustement nécessaire.
  • Discutez à la fois des aspects sociaux et des aspects physiques du travail pour vous assurer que votre employé(e), vos superviseurs ou superviseuses et vos collègues se sentent soutenus.
  • Ajustez le programme en fonction de l’évolution des capacités de votre employé(e) ou lorsque de nouveaux obstacles sont décelés.
  • Obtenez les commentaires de toutes les personnes participant à l’amélioration du processus et célébrez les succès.
  • Communiquez dans toute l’entreprise et à la WSIB les meilleures pratiques et les leçons retenues.

Notre approche

La prévention des incapacités se concentre sur la recherche des obstacles et des causes profondes des dangers dans le lieu de travail. Lorsque les entreprises traitent ou éliminent les dangers à leur source, les gens peuvent participer au travail en toute sécurité et pleinement.

En utilisant cette approche, les employeurs respectent leurs responsabilités en vertu de la Loi de 1997 sur la sécurité professionnelle et l’assurance contre les accidents du travail, de la Loi sur la santé et la sécurité au travail, du Code des droits de la personne de l’Ontario et de la Loi de 2005 sur l’accessibilité pour les personnes handicapées de l’Ontario.

Références

  • Fisher, R., W. Ury et B. Patton. (1991). Getting to Yes: Negotiating Agreement Without Giving In. 2e édition. New York : Penguin Books.
  • Harder, H. et L. Scott. (2005). Comprehensive Disability Management. Londres : Elsevier.
  • Institut de recherche sur le travail et la santé
  • Kroemer, K. H. E, H. B. Kroemer et K. E. Kroemer-Elbert. (2001). Ergonomics: How to De-sign for Ease and Efficiency. 2e édition. Prentice Hall.
  • Levy, B. S. et D. H. Wegman. (2000). Occupational Health: Recognizing and Preventing Work-Related Disease. 4e édition. Philadelphie : Lippincott Williams & Wilkins.
  • Institut national de recherche et de gestion d’incapacité au travail
  • Centres de santé des travailleurs et travailleuses de l’Ontario